Construire son arbre généalogique
Construire son arbre généalogique est indispensable pour pouvoir se situer précisément dans sa lignée. Inventaire de notre passé familial, il permet, une fois intégrée et transmutée la part d'ombre présente dans toutes les familles, de s'appuyer sur les richesses souvent insoupçonnées qu'il contient pour nous réaliser véritablement.
Il est essentiel pour tout un chacun de connaître ses racines. Plus la connaissance que nous avons de notre famille est floue et incomplète, plus nous aurons de difficultés à nous construire et à trouver notre place dans la société. Les situations que nous vivons sont d'ailleurs le reflet de mystères généalogiques non résolus ou plus simplement de la méconnaissance de nos fondations familiales.
Que nous pensions bien connaître notre famille ou que nous n'ayons que très peu d'informations concernant notre origine, il sera toujours bénéfique de pouvoir ordonner et visualiser ce que nous savons sous la forme d'un arbre généalogique. Même très limitées, les informations que nous possédons sont suffisantes pour démarrer et seront complétées au fur et à mesure de l'enquête généalogique.
Contrairement à ce que l'on imagine parfois, construire son arbre généalogique n'est pas difficile. C'est une démarche véritablement à la portée de tous. Il suffit d'un peu de méthode pour rassembler les informations et les disposer correctement.
Il est très important de faire figurer les informations dans l'ordre suivant : le sujet en haut et ses ascendants en dessous. Présenter l'arbre dans l'ordre inverse revient à écraser les descendants sous le poids des difficultés de leurs ancêtres. Nous sommes les fruits de l'arbre et devons donc nous situer à son sommet et non à sa base où se trouvent les racines qui nous nourrissent et doivent nous permettre de croître et de prospérer.
Il faut également placer la femme à gauche et l'homme à droite, ce qui correspond à notre symbolisme traditionnel.
Pour démarrer, posons sur une grande feuille (format A3, par exemple) tous les éléments déjà connus, comme dans le tableau ci-dessous, en commençant par soi-même et sa fratrie dans l'ordre de naissance (sans oublier les enfants mort-nés ou décédés peu après la naissance, les fausses-couches et avortements qui modifient le rang dans la fratrie ; tous sont présents dans l'inconscient familial et doivent figurer dans l'arbre généalogique).
Pour chaque personne de l'arbre, il faudra indiquer, lorsqu'elles sont connues, les données suivantes : tous les prénoms, en soulignant le prénom d'usage, le nom de famille, la date de naissance, la date de mariage (et de divorce le cas échéant) avec les noms, prénoms, dates et lieux de naissance des conjoints, ainsi que les frères et s½urs, par rang de naissance.
On commencera par noter toutes les données déjà connues, mais il faudra obligatoirement demander tous les actes d'état-civil qui peuvent être porteurs d'informations passées sous silence (par exemple un premier mariage tenu secret, une adoption, etc.). D'une façon générale les informations ne peuvent être considérées comme fiables que lorsqu'elles sont attestées par un acte officiel. Cette démarche systématique de vérification nous permet de sortir des fantasmes et des illusions pour entrer dans la réalité de notre famille qui constitue le socle sur lequel nous devons pouvoir nous construire. Il faut bien sûr recueillir les témoignages oraux de tous les témoins encore vivants, mais toujours les recouper grâce aux documents officiels. Lorsque certains évènements ont été passés sous silence ou « travestis », cette distorsion de la vérité entraîne des conséquences pour les descendants dont ils ne peuvent connaître la cause tant que celle-ci n'a pas été éclaircie, avec parfois l'impression de subir un destin néfaste auquel ils ne peuvent pas échapper. Pour ne pas engendrer à notre tour des situations aussi pénibles, ils nous incombent donc de dire la vérité à nos descendants.
Pour trouver les actes officiels, il faut s'adresser aux mairies des lieux concernés ou aux archives départementales (certains départements ont mis leurs archives en ligne, ce qui facilite grandement les recherches). Par exemple si mon grand-père est né à Rouen, j'écris à la mairie de Rouen en donnant toutes les précisions que je connais déjà (date de naissance même approximative et noms de ses parents) pour demander la photocopie de son acte complet de naissance (sans oublier de joindre une enveloppe affranchie à mon adresse pour être sûr d'obtenir une réponse). Sur cet acte figurent les noms et prénoms de l'enfant et de ses parents, ainsi que l'âge, la profession et l'adresse des parents, la signature du père et d'un ou deux témoins qui sont parfois des proches de la famille. Dans la marge sont parfois ajoutés les dates et lieux de mariage et de décès. Toutes ces informations sont précieuses et à noter sur l'arbre généalogique. Il faut également faire une fiche pour chaque personne à mettre dans un classeur sur laquelle on reportera toutes les informations recueillies ainsi que les anecdotes, photos et lettres retrouvées.
Chaque acte d'état-civil nous apporte des informations qui permettent de faire de nouvelles demandes d'actes et ainsi de suite. Dans l'idéal il faudrait rassembler pour chaque personne son acte de naissance, son acte de mariage (ou ses actes, en cas de plusieurs mariages) et son acte de décès.
Sur l'acte de mariage figurent pour les deux époux, leurs dates et lieux de naissance, leurs professions, s'ils ont établi ou non un contrat de mariage, ainsi que les noms, âges et professions des parents et des témoins qui sont souvent des membres de la famille. Les actes de mariage sont les plus riches en signatures puisqu'on y trouve celles des deux époux (c'est d'ailleurs le seul acte d'état-civil signé par les femmes), de leurs parents s'ils sont présents et de plusieurs témoins.
Sur les actes de décès sont indiqués la date et le lieu du décès, la date et le lieu de naissance, ainsi que le domicile ; le nom, la date et le lieu de naissance du conjoint ; le nom, l'âge, la profession et la signature d'un témoin qui est parfois un membre de la famille.
Pour compléter, nous rechercherons également les actes notariés concernant les héritages et éventuels contrats de mariage (ceci permet de dévoiler les préférences au sein des fratries quand certains ont été plus avantagés que d'autres), ainsi que les registres militaires pour les hommes qui apportent des renseignements très complets (description physique, état de santé, participation aux campagnes militaires, décorations, condamnations judiciaires, adresses des domiciles successifs). Les recensements que l'on peut consulter aux archives départementales nous apprennent qui logeait dans une même maison et quels étaient les âges et métiers des différents occupants, ainsi que leurs relations.
Il existe partout des associations généalogiques qui peuvent vous aider dans ces démarches.
Bien sûr, il est parfois long de réunir tous ces éléments, mais nous aurons très souvent la surprise, au cours de cette enquête de découvrir des membres plus ou moins éloignés de notre famille ayant déjà accompli des recherches dont ils seront ravis de partager les résultats. Les liens ainsi tissés avec des personnes dont on ne soupçonnait parfois même pas l'existence, ou renoués malgré d'anciennes querelles familiales, constituent un des cadeaux supplémentaires de l'enquête généalogique.
La réalisation de notre arbre généalogique constitue une véritable quête, passionnante et pleine de découvertes, qui nous enrichit et nous ancre dans une réalité tangible capable de redonner un sens et une direction à notre existence.
www.graphogenealogic.com